Skip to content Skip to footer

Vient de paraître : Avis du Conseil de la concurrence

Conseil de la Concurrence (Maroc)- Avis du Conseil de la concurrence A/2/23 sur le fonctionnement concurrentiel du marché du livre scolaire

Le Conseil de la concurrence (CC) a livré, samedi 30 septembre, un avis sur le fonctionnement concurrentiel du marché du livre scolaire qui s’s’inscrit dans la catégorie des saisines d’office.

L’analyse effectuée a porté sur plusieurs axes et a permis au Conseil de constater que « le modèle économique sous-tendant le marché du livre scolaire est devenu contre-productif reposant sur une offre et une demande artificiellement soutenue par des fonds publics et semi-publics et en total déphasage avec les réalités économiques du marché ».

En effet, l’avis a indiqué que le marché des livres scolaires connaît une production massive allant de 25 à 30 millions d’exemplaires de manuels programmés et conçus pour être utilisés « une seule fois », ce qui équivaut à une consommation de 3 à 4 livres en moyenne par élève chaque année, entraînant ainsi un gaspillage important de ressources, de matériaux et d’énergie au Maroc. Dans le même contexte, le Conseil a noté l’absence sur le marché de manuel scolaire doté d’un support numérique complémentaire, contrairement à d’autres pays où le manuel imprimé est souvent accompagné d’un ensemble de contenus numériques.

L’avis a également constaté une concentration géographique élevée des éditeurs, principalement à Casablanca et à Rabat, ainsi qu’une nette prédominance du secteur au profit de quatre groupes d’éditeurs depuis plus de vingt ans. Ces derniers contrôlent, en effet, plus de 53% du marché du manuel scolaire. Le Conseil révèle en outre que « l’ouverture partielle et timide du marché de livre scolaire en amont à la concurrence » a conduit à la création de véritables situations de rentes pour les mêmes éditeurs agréés depuis 2008.

S’agissant de la qualité du livre scolaire, le (CC) estime que « le développement quantitatif du marché du livre scolaire s’est effectué au détriment de la qualité de sa forme et de son contenu, le réduisant à un simple produit commercial où les considérations du coût de production l’emportent largement sur le contenu ».

Le Conseil note également que les prix des manuels scolaires fixés par l’État n’ont pas été révisés depuis la période de 2002 à 2008, et « ne tiennent plus compte de la flambée des prix des intrants enregistrée ces derniers temps ».

A cet égard, le (CC) a appelé à une révision en profondeur à la fois du modèle économique sur lequel repose le marché des manuels scolaires, en l’intégrant comme élément central des politiques publiques visant à réformer l’éducation, et des rôles et missions du ministère de l’Éducation nationale liés aux manuels scolaires qui s’inscrit dans le cadre des politiques publiques liées à l’éducation.

Version arabe : https://conseil-concurrence.ma/cc/ar/wp-content/uploads/sites/2/2023/09/AVIS-AR-A-2-2023.pdf

Version française : https://conseil-concurrence.ma/cc/wp-content/uploads/2023/09/AVIS-FR-A-2-2023.pdf

Laisser un commentaire